Découvrez l’interview de producteurs du collectif
CELABIO
Stéphane Simon (ferme de Lipour – Mesquer), Guillaume Vallée (ferme des Genêts – Pontchâteau), Benoît Gautier (ferme de la Rhumerie – Abbaretz) et Didier Barbarit (ferme de Népri – Vieillevigne) font tous les quatre partie du collectif CELABIO. Un des objectifs de ce collectif est de rééquilibrer les sources de protéines dans les fermes et dans les assiettes. Dans cette interview, trois de ces producteurs parlent plus amplement de la production de légumineuses et des liens avec la restauration collective.
RML44 : Bonjour, merci de nous recevoir, pouvez-vous vous présenter ?
SS : Stéphane Simon, Lipour à Mesquer dans la Presqu’île de Guérande. Installé depuis 2019 en agriculture biolo-gique, en polyculture éle-vage, sur une surface de 25 ha avec une douzaine de mères armoricaines et des cultures à destination de l’alimentation humaine : lentille, blé meunier, sarrasin en farine, colza en huile. Je suis également double actif.
GV : Guillaume Vallée, je fais partie de la ferme des Genêts à Pontchâteau. On est une ferme en polyculture éle-vage, avec un troupeau de vaches allaitantes, des chèvres et transformation fromagère, et des cultures pour l’alimentation humaine.
BG : Benoît Gautier, je suis fermier à Abbaretz à la ferme de la Rhumerie depuis 2016. C’est une exploitation en polyculture élevage, en bio depuis 2016, depuis la création. Nous avons repris cette ferme et nous l’avons convertie en bio. Nous avons un troupeau de vaches allaitantes, nourries par 90 ha d’herbe et il y a à côté 60 ha de grandes cultures, tout est en bio. Les grandes cultures sont principalement à vocation alimentation hu-maine : il y a du blé, du colza, du tournesol, des lentilles vertes, pour l’instant, du blé noir, du seigle.
RML44 : Pouvez-vous expliquer le fonctionne-ment du collectif CELABIO ?
BG : Le collectif des quatre fermes, CELABIO, est né de groupes d’échanges animés par le GAB 44 et le CIVAM 44 sur la diversification des exploitations pour la produ-ction de grandes cultures à vocation alimentation hu-maine. L’idée était d’échan-ger sur nos pratiques et sur quelles cultures nous pouvions expérimenter et produire pour l’alimentation humaine. Nous nous sommes rapidement retrouvés autour de la lentille verte car nous étions plusieurs à l’avoir essayée ou à avoir envie de l’essayer. Nous faisions tous un peu de vente directe donc nous avons tous essayé de vendre la lentille de notre côté. Cependant nous nous sommes rapidement aperçu qu’il y avait quelques contraintes et que nous avions sans doute à y gagner à mutualiser la commer-cialisation. Nous avons échangé sur nos débouchés et sur notre façon de commercialiser, nous avons rapidement décidé de rejoindre « Manger Bio » pour commercialiser notre lentille. « Manger Bio » est un outil coopératif, administré par des producteurs ayant des compétences logistiques et commerciales.
RML44 : Pourquoi vous êtes-vous orientés vers la production de légumi-neuses ?
SS : D’une part, je me suis orienté sur des céréales à graine pour l’aspect stock-age. D’une autre part, je me suis orienté vers les légumineuses pour l’aspect alimentation humaine : elles sont une bonne alternative aux protéines animales et permettent un bon com-plément en protéines végétales. Au niveau de la rotation des cultures, les légumineuses sont très intéressantes : plutôt que de faire de la luzerne pour les vaches, nous faisons des lentilles en précédent et c’est très valorisant. Cela répond à une demande locale et une demande réglementaire, normalement tout le monde y retrouve son compte.
GV : Historiquement, nous élevions des vaches allai-tantes, donc de la protéine animale, mais nous avons travaillé avec le CIVAM 44 sur le scénario « Afterres 2050 » et on se rend compte qu’idéalement il faudrait diminuer la part de protéines animales au profit des protéines végétales. On se rend compte aussi que les gens mangent moins de viande : soit on s’en plaint soit on suit l’évolution. Nous trouvons que la production de légumineuses répond bien à la demande des consommateurs, c’est-à-dire avoir dans notre gamme de produits des protéines végétales.
RML44 : Comment s’organisent vos liens avec la restauration collective ?
BG : Concernant nos liens avec la restauration colle-ctive, nous avons fait le choix de commercialiser nos légu-mineuses via « Manger Bio » à la restauration collective. L’intérêt de « Manger Bio » c’est qu’elle connait l’inter-locuteur, elle connait les contraintes de cet inter-locuteur, l’aspect réglemen-taire notamment. « Manger Bio » a aussi la force commerciale et la force logistique pour pouvoir toucher toutes les structures.
RML44 : Quels sont les avantages à appro-visionner la restauration collective ?
SS : L’avantage est que, quand la planification est bien faite, cela nous assure des volumes et nous permet d’anticiper et de faire les assolements : c’est un débouché sûr. C’est aussi la satisfaction d’écouler nos produits localement en restauration collective et de redonner des bons produits et d’éduquer les enfants dès le plus jeune âge.
Redonner des bons produits et éduquer les enfants dès le plus jeune âge 
RML44 : Avez-vous un dernier mot ?
GV : Cela demande un petit peu de temps et d’énergie, que ce soit pour créer le collectif CELABIO ou démarcher la restauration collective et donc on a besoin que les restaurateurs s’engagent aussi de leur côté, et on a besoin de « Manger Bio », afin qu’il puisse être l’intermédiaire entre les deux.
Merci à Guillaume Vallée, Benoît Gautier et Stéphane Simon. Merci au GAB 44 et au CIVAM 44.
Retrouvez l’interview en format vidéo :
La lentille bio à destination de la restauration collective – Collectif CELABIO
Interview réalisée le 14/05/2025 et 21/05/2025
Pour plus d’informations sur le collectif CELABIO :
02 40 79 76 72 / 06 17 18 86 39
www.gab44.org


